À propos de l’auteur

P1010661

Photo : Jérémie Coris

La version courte

Originaire d’un quartier défavorisé de la banlieue de Lyon, Kamel Benaouda grandit au sein d’une famille de huit enfants. Il mène des études de Lettres Modernes pour devenir enseignant tout en écrivant, pour le plaisir, des nouvelles et quelques romans.

Actuellement âgé de 36 ans, il vit et travaille dans la région d’Angers, avec sa compagne et leurs quatre filles.

 

La version plus longue

Tout commence le 18 novembre 1981. Ce jour-là, la France se qualifie pour la Coupe du Monde en battant les Pays-Bas, et je nais à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon. Comme je n’aime pas trop le football, c’est plutôt le second événement que j’ai retenu. Par manque de place, on m’envoie tout de suite dans un autre hôpital. Ça commence mal. Pour couronner le tout, ma mère choisit de m’appeler Kamel, qui signifie « perfection ». Sacré challenge.

1985 : premiers pas dans une bibliothèque. Le choc. En voyant toutes ces tranches de livres sur ce qui me semble des kilomètres de rayonnages, je rêve qu’un jour, mon nom soit sur l’une d’elles. Seul problème : je ne sais ni lire ni écrire.

1987 : je participe à un concours de poésie organisé par la bibliothèque de ma ville. On écarte mon texte en me signifiant qu’il est évident que ce n’est pas moi qui l’ai écrit. C’est l’indignation. Autre moment où je suis scandalisé : en écoutant le poème gagnant qui explique qu’un « chat, c’est tout chou, si doux si doux ». Je repars avec le lot de consolation : un petit pot de fleurs qui, étant donné mon inaptitude pour tout ce qui touche aux plantes, décédera en moins de trois jours sur le rebord de ma fenêtre.

1992 : mon professeur de français, ravi par une rédaction dans laquelle j’ai décrit le marché de Charpennes où je vais avec mes parents presque tous les dimanches, lit mon texte aux autres. Je sais que maintenant, un cap est franchi. Mes amis du quartier ne me considéreront plus comme l’un des leurs (on peut dire qu’ils avaient déjà une certaine distance), et les autres élèves de la classe ne peuvent pas non plus m’accepter, puisque j’habite une barre d’HLM et que je ne suis visiblement pas du même monde…

1993 : … mais ce n’est pas grave parce que je découvre un lieu où je peux me réfugier sans crainte : l’écriture. J’écris mon premier vrai poème suite à un éclair d’inspiration (je m’en souviens encore, mais j’ai trop honte pour le reproduire ici).

1998 : je me lance dans mon premier roman, une histoire d’heroic fantasy tapée sur un ordinateur portable, un Pentium 95 qui plante dès qu’on essaie de lancer deux applications en même temps. À ce moment-là, Peter Jackson n’a pas encore sorti son adaptation du Seigneur des Anneaux, et mon récit me semble original. Quelques années et trente-trois versions plus tard, cette histoire intitulée Favele arrive en deuxième place d’un concours récompensant le premier roman d’un auteur de moins de 25 ans. Je renonce toutefois à l’envoyer à des éditeurs, par peur d’essuyer des refus, et aussi parce que les rayons des libraires croulent sous les œuvres de Fantasy.

2002 : dans une petite commune autour de Lyon, je remporte deux concours en une soirée : je suis récompensé pour un recueil de poèmes et un recueil de nouvelles. Cependant, le texte qu’on choisit de lire en public est pour moi le moins réussi. Pris d’un dédain baudelairien, j’abandonne complètement la poésie et me consacre exclusivement aux projets « longs », à commencer par une autobiographie bizarre intitulée Le Vélo magique, travail assez pénible et plutôt intime… qui ne quittera jamais mon disque dur.

2005 : après des nuits de travail, des plaques d’eczéma partout et des heures caché dans un appartement sombre et miteux, j’obtiens l’Agrégation de Lettres modernes. La gloire. Je vais pouvoir enseigner, sans savoir à ce moment-là que cette activité va être si chronophage que je n’aurai plus le temps d’écrire la moindre ligne avant un moment. Du coup, je ne finirai que deux ans plus tard un projet entamé deux ans plus tôt : Errants et Voyageurs, un roman de réflexion sur un homme persuadé d’être un personnage de livre. N’étant pas satisfait du résultat final, je le laisse de côté.

2008 : je deviens père de filles jumelles, ce qui provoque en moi un déclic. J’ai conscience qu’il va falloir que je choisisse judicieusement ce que je vais faire du peu de temps libre qu’il me reste. La réponse est simple : écrire.

2008-2018 : j’écris à tout va, des nouvelles, des contes, et même une petite pièce de théâtre pour qu’une amie la joue à son club. Plusieurs projets plus longs seront menés aussi à terme, des romans de littérature jeunesse. Parmi eux, Norman n’a pas de super-pouvoir, finaliste du concours du premier roman, organisé par Gallimard jeunesse, RTL et Télérama !

Voilà donc les grandes lignes. Pour le reste, il faudra fouiller mes romans, qui sont pleins de petites anecdotes vécues, même si cachées sous le voile de l’histoire…

Catégories :Derrière le rideau

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s